
27 Août Violence des foules : est-ce une fatalité ?
Retour sur un article paru dans la revue Sciences & Vie d’août 2025, dans lequel la journaliste Kheira Bettayeb cherche à comprendre le comportement des foules. Pour éclairer le sujet, elle s’appuie sur des études récentes ainsi que sur les analyses du Dr. Pascal Viot, directeur d’iSSUE, chercheur associé au Laboratoire de Sociologie Urbaine – LaSUR de l’EPFL, titulaire d’un doctorat sur la gestion des risques lors des grandes manifestations et coordinateur sécurité du Paléo Festival depuis plus de vingt ans.
Les clichés ont la vie dure
Les images véhiculées par les médias en marge des grands événements semblent se répéter. Qu’il s’agisse de manifestations sportives, culturelles ou politiques, les rassemblements sont régulièrement associés à des formes de violences allant de l’affrontement avec les forces de l’ordre aux dégradations matérielles. La foule serait-elle, par essence, incontrôlable et violente ? L’idée, popularisée à la fin du XIXe siècle par Gustave Le Bon, reste très présente dans l’imaginaire collectif.
Pourtant, explique Pascal Viot dans l’article, les recherches menées depuis les années 1980 en psychologie sociale et en sociologie de la foule ont largement remis en cause cette vision simpliste. La théorie classique ne tient pas compte des interactions fines qui structurent les comportements collectifs. Ceux-ci ne relèvent pas d’une fatalité irrationnelle. Ils résultent d’interactions complexes entre individus, groupes et institutions, rappelle Pascal Viot. Des travaux récents, notamment ceux de Stephen Reicher, John Drury, Clifford Stott et leurs collègues, montrent que la violence dans les rassemblements découle d’une combinaison de facteurs contextuels :
- le sentiment d’appartenance au sein du groupe, qui peut favoriser la coopération… comme la transgression ;
- les interactions entre groupes (supporters, manifestants, publics différents) ;
- la nature de la relation avec les forces de l’ordre : une approche perçue comme hostile tend à renforcer les solidarités et peut faire basculer des foules pacifiques dans l’affrontement.
Vers de nouvelles pratiques de gestion des foules
Ces enseignements ont favorisé l’émergence de nouveaux modèles de gestion des foules, comme le KFCD (Knowledge, Facilitation, Communication, Differentiation), décrit par Pascal Viot et ses collègues en 2016 et désormais référencé dans plusieurs pays européens. Longtemps sous-estimées, ces dimensions — la connaissance des publics, la facilitation des dynamiques collectives, la communication transparente et la différenciation des interventions — sont aujourd’hui au cœur des pratiques contemporaines.
L’objectif est clair : sortir d’une logique strictement défensive pour instaurer une gestion proactive, fondée sur :
- la compréhension fine des comportements collectifs,
- la communication continue avec le public et les acteurs impliqués,
- la formation des équipes afin d’anticiper et de prévenir les situations à risque.
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